En ces temps de crises financière et économique, il n’est pas surprenant de voir les budgets des collectivités territoriales alloués aux actions de solidarité internationale resserrés. Il peut se comprendre, lorsque les populations de nos territoires sont en attente de réponses face aux difficultés quotidiennes qu’elles connaissent, que nos élus se concentrent sur la satisfaction immédiate de ces difficultés.
Comment justifier en effet, de consacrer du temps et de l’argent pour des actions de solidarité à l’international, dont le résultat n’est pas directement visible pour tous ? Les budgets se resserrent et les exigences de transparence et d’efficacité sur les projets réalisés sont plus grandes.
Les initiateurs de projets de solidarité doivent sans cesse rappeler à quel point le monde est « un village » et interdépendant. A notre échelle communale, départementale ou régionale, nos actions peuvent avoir des répercussions insoupçonnées sur d’autres territoires, tout comme nous connaissons des influences et des apports extranationaux. La mondialisation et les interdépendances nous poussent à dégager du lien entre le local et le global.
Ainsi, l’ouverture à l’international est un levier formidable pour les jeunes, la population est bénéficiaire d’une ouverture au monde, via les échanges de savoirs, de pratiques et de cultures, entre les collectivités territoriales, les associations et leurs partenaires étrangers. Mais encore et surtout, il s’agit de consolider les volontés de construire un monde solidaire, sous le signe du développement durable et équitable. Nous avons, ici et là-bas, des combats communs surtout en ce qui concerne les « biens public mondiaux », le souci de produire un monde plus juste, le souci de se soutenir devant les enjeux économiques, écologiques, culturels et sociaux qui nous font face, d’une manière générale.
Cette perspective doit s’accompagner de mesures urgentes. A l’annonce des désastres futurs écologiques et humains, liés aux changements climatiques, il est nécessaire que chacun prenne ses responsabilités. Le sommet de l’ONU à Copenhague en décembre 2009 a été est un exemple du malaise des états à conclure un accord satisfaisant sur le climat pour l’intérêt planétaire. Les intérêts particuliers ou nationaux ont pris le dessus. Dans le chaos de ce sommet, la voix des pays pauvres est celle des laissés-pour-compte, alors même qu’ils sont déjà les pays les plus touchés par les conséquences liées aux changements climatiques.
C’est pourquoi, il faut redoubler d’attention. Un regain d’exigence vis-à-vis de la coopération et la solidarité internationale, tant au niveau des initiatives qu’au niveau des budgets, est l’occasion de mettre la barre un peu plus haut. Cela impose de sous-tendre nos actions d’une volonté de suivi, surtout d’évaluation, gage de qualité dans ce que nous entreprenons. En un mot, nous devons rechercher plus d’efficacité et d’efficience, afin d’optimiser nos actions de solidarité ici et là-bas. Et nos engagements sont mis à l’épreuve et renouvelés, devant l’ampleur de la catastrophe haïtienne. Plus que jamais, l’urgence doit être alliée d’une aide plus durable sur le territoire haïtien, plus que jamais cette aide doit être utilisée pour répondre aux plus près des besoins des bénéficiaires.
Dans cet esprit, le Centre de ressources pour la coopération décentralisée en Franche-Comté (CERCOOP) est un outil précieux pour vous accompagner dans la conduite de vos projets en cours et à venir. Gageons qu’il soit toujours à l’écoute et qu’il participe à la réalisation de ces nouveaux défis pour la solidarité internationale.
Le Président,
Éric Durand
Conseiller régional de Franche-Comté