Il y a une part d’irrationnel dans un projet de solidarité internationale. Faire des centaines, voire des milliers de kilomètres pour rencontrer des populations et monter une action de développement avec elles, nécessite une volonté partagée et des reins bien solides.
Et pourtant, les professionnels de l’aide au développement disent et redisent le bien fondé des motivations de la solidarité internationale et expliquent comment et pourquoi cet acte est rationnel, nécessaire et utile, si et seulement si celui-ci est entrepris avec prudence et pertinence. C’est que, sans outils et sans réelles compétences, nous sommes un peu des équilibristes, porteurs de projets associatifs, de collectivités, d’entreprises ou toute autre organisme, devant la complexité des enjeux auxquels nous désirons faire face et devant l’éloignement physique et moral de la réalité sur laquelle nous avons décidé d’influer et d’améliorer.
De l’équilibriste au baladin, il n’y a qu’un pas. Comment répondre à ceux qui nous interrogent sur l’utilité de monter des projets ayant, par exemple, pour objet de créer des emplois au Sud quand nous n’arrivons pas à créer d’emplois dans les pays du Nord ? La solidarité internationale est au croisement d’enjeux idéologiques, politiques, d’enjeux de compétition, de communication, dont il est n’est pas toujours aisé de se sortir et auxquels il est particulièrement crucial de répondre.
Fort heureusement, chaque jour de nouveaux projets de solidarité naissent, des personnes se mobilisent pour consacrer leur samedi après-midi, leur dimanche matin, leur temps de retraite, une partie de leurs études… un bout de leur vie pour faire vivre ces projets. Dans ce monde globalisé, les francs-comtois, les français et européens sont alertés des problématiques économiques et sociales aux quatre coins de la planète. Nous sommes tous concernés par ces inégalités, tout autant que les réalités des populations des pays en développement sont liées à nos économies et nos politiques. Nous nous devons d’être solidaires, unis, dès que nous avons pris conscience de notre interdépendance. La solidarité internationale doit marcher dans les deux sens ! Nous devons perpétuellement chercher la réciprocité et sortir du schéma « donneur/bénéficiaire ». Sans cette approche, nous seront toujours appelés à répondre au dilemme : agir ici pour réduire ces inégalités qui nous séparent et nous éloignent, ou agir là-bas, avec eux et pour un monde plus juste et solidaire.
Les attentes sont vives. C’est pourquoi il est primordial de veiller à ce que les ressources humaines soient suffisantes et compétentes pour concevoir et mettre en œuvre ces projets. Il y a beaucoup d’efforts à faire encore. L’année 2011, placée sous le signe du Volontariat et du bénévolat est l’année européenne de la célébration de l’engagement de millions d’hommes et de femmes qui consacrent une partie de leur temps libre au service d’autrui et d’un autre monde meilleur. Mais c’est aussi une année qui consacre un challenge considérable, celui de faire naître de nouveaux engagements. C’est déjà un objectif de premier ordre et de tous les jours pour le CERCOOP Franche-Comté : améliorer la qualité et la quantité des projets de solidarité internationale ! Mais là, c’est un peu le vent arrière dans la voilure, un petit coup de pouce sur une longueur, pour aller plus vite, favoriser la transmission intergénérationnelle de savoirs et de savoir-faire au sein de nombreuses associations de solidarité internationale, consolider les moyens humains, premier facteur de réussite d’un projet, et surtout faire vivre cette solidarité, qui passe par l’humain, toujours l’humain.
Le Président,
Éric Durand
Conseiller régional de Franche-Comté